//2014 – Inde – de Mumbai à Rishikesh (août)

2014 – Inde – de Mumbai à Rishikesh (août)

Langue / Language : frFrançais enEnglish

21/8/2014 – Le programme

C’est reparti pour un tour et cette année j’entame un nouveau rythme avec un voyage supplémentaire qui s’ajoute. La raison est que j’ai besoin de poursuivre ma formation en Yoga en plus de ma formation de praticien Ayurveda et Kalari. Les deux prennent du temps et se font dans des lieux différents. Je vais aussi profiter pour découvrir la fin de la saison de la mousson, la fête de Ganesh à Mumbai, revoir Udaipur et Jodhpur, essayé de ne pas louper le Taj Mahal, frissonner à Haridwar, m’étirer et me fortifier à Rishikesh avant de partir pour la fête de Lakshmi à Calcutta ou je veux aussi essayer d’avancer avec un projet photo qui me tient à coeur.Le départ est prévu le 25 aout, le retour sera le 12 octobre. Je ferais de mon mieux pour documenter en texte et en photos mes découvertes et mes aventures pour que vous puissiez profiter de mon voyage pour découvrir mon Inde à facettes.

26/8/2014 – Mumbai, mousson et moustiques

Mon voyage commence à Mumbai, capitale économique et culturelle de l’Inde, une bouillante mégalopolis de près de 20 millions d’habitants. La saison de la mousson se termine, l’humidité sera sans doute à son comble. Ma grande peur sera les moustiques, car cette ville est sujette à la dengue et au paludisme. Je ne suis pas revenu à Mumbai depuis mon premier séjour en Inde en 1994. J’ai transité par deux fois, mais il ne s’agissait que de quelques heures passées proche de l’aéroport. J’ai hâte de découvrir à nouveau cette ville assez unique en son genre et vous la décrire. Le quartier de Bandra sera mon lieu de résidence, il s’agit d’une banlieue chic, un quartier a une quinzaine de km au nord de la gare Centrale et du quartier ‘touristique’ de Colaba. J’ai choisi de louer un appartement ici, car plus proche de la vraie vie des locaux, certes un peu chic, et bobos, mais aussi à proximité du quartier vibrant de Dadar ou se trouve le marché aux fleurs, le grand temple de Ganesh ainsi qu’un des deux centres d’entraînement de lutte indienne, nommé ‘khusti’, qui se pratique dans un dojo en terre battue, l’Akhada. Je vais essayer d’approfondir mes connaissances dans cette pratique et les massages associés et également continuer à recueillir clichés et témoignages.

30/8/2014 – Mumbai, Ganesh express

Je ne suis à Mumbai que quelques jours, mon programme est chargé. Mon habitation est située dans le quartier branché de Bandra West qui est situé en périphérie de la ville de Mumbai qui ne commence qu’à partir du quartier très vibrant de Dadar à quelques kilomètres.J’ai commencé dès mon arrivée par un petit repérage du quartier de Dadar et la confirmation de rendez-vous pour le lendemain avec les contacts que j’avais pu faire de Paris au travers de Couchsurfing. Dadar est un quartier vibrant, le marché aux fleurs se trouve ici, la foule est incroyable, mais à cause des pluies matinales je ne viendrais pas au petit matin visiter le marché, je me contenterais d’une mini balade en périphérie. Le climat ces jours-ci est humide, il y’a des averses, mais peu de moustiques la température est supportable voir agréable a certains moments, mais en milieu d’après-midi il fait chaud, et la somnolence vient aisément. Ma chambre est propre et confortable, je suis content d’avoir pris cette option au travers de Airbnb.Le vol ayant été très confortable, car quasi vide, je ne ressent pas vraiment de jetlag, cela me surprend. Mercredi il pleut fort à mon réveil, je prends mon temps pour me bouger et je pars au centre-ville en train pour couvrir les quelques sites ‘à voir’ de Mumbai. Il faut que je précise que cette ville a peu d’intérêt culturel, c’est une mégalopole bruyante, chaotique, ou le trafic est hallucinant tout comme les hurlements des klaxons qui vont de pair. Le réseau de trains est efficace, je le prends en dehors des heures de pointe. Je visite rapidement la porte de l’Inde (gateway of India) et le quartier de Colaba sans grand intérêt. Je reprends le train pour le rendre à la mosquée de Haji Ali qui se trouve sur un ilot dans la mer, on y accède à pied par une jetée. Cela étant fait, je retourne à Bandra pour rencontrer mon contact Omkar. Omkar est en fait un jeune professeur de sociologie, il donne ses cours dans une école de commerce de Juhu affilié à la London School of Economics, appelé ‘école mondiale, russel square college’. Il est également auteur de pièces de théâtre et metteur en scène. Sa dernière création est une réinterprétation féministe du Ramayana qu’il présente dans les écoles et cercles universitaires. Il est également passionné de mythologie et de symbolisme, et tient un blog sur Tumblr (symbolica – Omkar Bhaktar) qui relate de ses études personnelles sur ce vaste sujet. Nous avons donc des intérêts communs. Je lui présente mon livre sur Murugan et je lui parle de mes projets, entre autres celui du Khusti (lutte indienne). Mon livre lui plait et il m’invite à venir le présenter à ses élèves le lendemain matin, je me sens très fier. Le lendemain je me retrouve donc devant les élèves, mon livre et mes photos projetés au tableau, je leur décris ce que j’ai vécu et mon interprétation de ce festival très particulier. Nous n’avons pas le temps de débattre sur le sujet, car ils doivent filer à un autre cours, mais la discussion se prolongera lors de leur cours de lundi, Omkar me tiendra au courant des retombées. Au sujet du khusti, il m’emmène à une des deux adresses que j’ai, mais le centre est fermé depuis deux ans et reconverti en salle de musculation. La fête de Ganesh étant le lendemain, il me met dans la direction des ateliers de sculpture pour que je puisse aller voir le travail et comprendre le cérémonial. En effet, certaines familles accueillent le dieu Ganesh dans leur foyer pour les 11 jours de la durée du festival. Ces sculptures de tailles variables sont fabriquées et décorées à la main. Les quartiers se cotisent aussi pour acheter un Ganesh qui sera présenté dans un temple éphémère. Les familles, les groupes viennent donc avec des camions, taxis, charriots chercher leur Ganesh dans les ateliers de sculpture. Ils repartent en fanfare après un rituel religieux ‘puja’. Le quartier de Laulbagh est l’épicentre de cette activité. La cohue, le bruit, la circulation sont un enfer, mais je suis content d’avoir pu voir cela. Je mets près de deux heures à rentrer pour un rendez-vous avec un deuxième contact, un brésilien qui est venu vivre a Mumbai pour neuf mois pour y donner des cours de portugais. Au travers de lui je rencontrerais quelques autres jeunes expatriés et je gouterais un peu à la ‘nightlife branché’ de Mumbai, à deux pas de mon habitation. Vendredi sera consacré à des visites de familles de Mumbai pour voir les Ganesh ‘in situ’. Je dois préciser qu’à la fin du festival les statues seront immergées dans l’eau. Je n’imagine même pas les foules qui se rendront toutes en même temps avec leur Ganesh vers l’océan. Pour ma part je serais à Rishikesh, bien loin de cette cohue. Concernant le deuxième centre de Khusti (lutte indienne), il est encore en activité, se trouve dans le quartier de lalbaugh tout prêt des ateliers de sculpture. En raison du festival de Ganesh, aucun entrainement ne se faisait, je n’ai donc pas pu entrer en contact ou prendre des clichés, il faudra donc revenir. Prochaine étape Udaipur, son lac, son calme, ses palais.

31/8/2014 – Udaipur, le palais blanc sur le lac

Me voici à Udaipur, ville des lacs et palais. J’étais déjà venu ici pendant l’hiver 2008 et j’étais tombé sous le charme de cette petite ville composée d’un labyrinthe de ruelles au bord du lac de Pichola. Il s’agit de la partie historique de la ville, la partie extérieure est sans doute comme toutes les villes moyennes indiennes, bruyante et sale. Je retombe sous le charme, le climat est chaud dans la journée, à la tombée du jour, le vent se lève et les températures deviennent plus agréables. Je réside dans un hôtel ‘heritage’ qui est un ancien petit palais familial donnant directement sur le lac. Je l’avais découvert en 2008, nous y avions diné tous les jours tellement la vue était à couper le souffle. Un ami m’avait également conseillé un autre établissement avec une piscine sur le toit, j’y ai passé mon après-midi. Je ne suis pas en pleine forme, car je me suis chopé un rhume et une bonne bronchite, sans doute à cause de la fatigue associée au climat et à la climatisation un peu extrême de Mumbai. L’avantage est qu’ici en inde et encore plus au Rajasthan, pas besoin d’ordonnance, le pharmacien vous donne ce dont vous avez besoin. Me voici donc avec une cure d’antibiotiques et de sirop. J’espère que ma nuit sera plus douce ce soir, car hier cela avait été un peu tumultueux. Demain matin je prends un taxi direction Jodhpur, cela devrait prendre entre 4 et 6 heures dans les montagnes et le désert. Les températures devraient monter encore un peu.

Au niveau des photos, j’ai un petit souci pour les intégrer et les mettre en ligne avec ce nouveau format de blog et une connexion WiFi pas suffisamment rapide et stable, mais j’ai à en prendre et j’ai quelques beaux clichés.

2/9/2014 – Jodhpur au pied des remparts

Il aura fallu 5h30 pour rejoindre Jodhpur. Ma migraine m’a forcé au repos pendant tout le voyage, le temps est donc passé vite. L’hôtel que j’ai choisi est un bijou, un tout petit établissement de 4 suites avec un très beau jardin dans la cour intérieure. Ma suite à sa terrasse privative avec vue sur le fort, le clou du spectacle se trouve sur le toit ou un espace ‘lounge’ sous canopée a été installé, je n’ai plus envie de bouger. J’ai d’ailleurs découvert que j’avais une deuxième chambre, avec un lit simple, mais avec des fenêtres sur la cour. Je n’ai pas grand-chose à faire ici à part une visite du fort pour faire des photos de son architecture délirante et de la ville bleue en contrebas.

Ce matin il est 5h30, je suis sur le toit pour voir le soleil se lever et écouter les nombreux appels à la prière. Une des spécialités de la ville sont les lassi, qui sont ici épais et onctueux, parfumés à la cardamome. Tout cela ne peut que me faire du bien et m’aider au rétablissement. Je continue le paracétamol à haute dose, les antibios et le sirop. Je me sens mieux, mais pas encore à 100%. Je ne repars que demain soir, je prends un train de nuit pour Agra. Je garde ma chambre jusqu’a mon départ, il est donc temps de me reposer et d’être 100% farniente.

Ma visite au fort a confirmé le souvenir que j’en avais, car je n’ai aucune photo de mon voyage précédent au Rajasthan, car j’ai perdu mes cartes mémoires lors d’une fouille à Dubaï qui s’est d’ailleurs fort mal terminé et qui explique pourquoi je ne transite plus par des pays du Moyen-Orient et je n’utilise plus leurs compagnies aériennes.

La pluie a fini par arriver et la température est tombée ce qui est très agréable, car il devait faire près de 35 degrés. Les prévisions sont d’ailleurs à l’orage pour les jours qui viennent sur mes prochaines étapes. Après ne pas avoir vu le Taj Mahal de front, car fermé le vendredi, je vais sans doute le voir sous la pluie. En attendant, je vais continuer a profiter du calme de cette maison de Jodhpur ou je me sens très très bien.

Le blog très complet d’un garçon Jain et commerçant de Jodhpur, fier sa ville – http://jodhpurpride.blogspot.com

3/9/2014 – vive la pluie

C’est sur que je n’ai pas choisi la meilleure saison pour venir en Inde, même si ce n’est qu’ici à Jodhpur ou j’ai commencé a sentir le poids de cette chaleur humide de l’orage qui approche, mais qui tarde à éclater. J’ai beau prendre une douche, il suffit de 10 minutes peine pour que tout mon corps se retrouve collant et léthargique, j’ai l’impression d’être couvert de mélasse. Comme je l’ai indiqué dans mon billet précédent, mon hôtel est ici juste idéal pour le repos et le farniente, des cours et jardins intérieurs, des terrasses, mais avec ce climat sans le ventilateur, pour moi c’est difficilement tenable, mais tellement bon pour avoir une bonne excuse pour rester à ne rien faire, aucune énergie, aucune volonté, juste l’envie que tombe la pluie. Il a plu un peu hier, mais il manque le gros orage, le vent violent qui rafraichirait l’air. Cet après-midi alors que j’écris ce mot, la pluie est un peu plus soutenue, le vent est un peu rafraichissant, mais sans doute pas suffisant pour que je puisse couper le ventilateur. J’entends comme du tonnerre, le ciel est assombri depuis quelques heures, le gros orage arrivera-t-il. Les habitants de jodhpur comme dans tout le Rajasthan attendent la pluie en cette saison, car le reste de l’année c’est disette, juste un ciel bleu, et pour que les légumes et les fruits poussent, il faut de l’eau, pour que les barrages se remplissent et fournissent l’électricité, l’eau est aussi nécessaire et pour rafraichir les corps poisseux, une bonne douche de pluie fait aussi du bien. Le changement climatique est ici aussi un sujet important, car la mousson est devenue plus imprévisible et des fois extrême comme c’est le cas dans le nord du pays, dans la région de Rishikesh ou je me rends vendredi. Cette région aurait reçu beaucoup beaucoup de pluie en cette fin de mousson, l’année passée, la région avait été dévastée par un début de mousson très violent. Vendredi ce sera la surprise. La surprise est aussi que je ne m’y rends pas seul, en effet, mon ami de Varkala, Vibhu, me rejoint demain à Agra et il restera avec moi jusqu’à lundi quand il reprendra le train pour Varkala (3 jours de train). Il vient de terminer ses études d’ingénieur informatique et a passé son diplôme de professeur de yoga dans le centre shivananda de Trivandrum. Depuis notre rencontre il y’a plus de trois ans, je lui ai appris à nager, je lui ai enseigné le yoga et je suis fier qu’il a ressenti le besoin d’aller au-delà et de se qualifier. De plus Agra, Haridwar et Rishikesh sont des lieux emblématiques pour tout indien et plus particulièrement pour une personne très spirituelle et traditionaliste qu’est Vibhu, et rishikesh est la mecque du yoga. Je pense que ce cadeau que je lui fais sera aussi un cadeau pour moi. Je compte sur lui pour m’ouvrir encore un peu plus les yeux sur l’Inde et son histoire spirituelle. Il sera comme un étranger dans son propre pays, les différences de langue et de culture sont telles ici, que cette expérience que je vais documenter sera, je pense, une nouvelle perspective sur cette boule à facettes extraordinaire. En attendant demain, la pluie s’est arrêtée, le tonnerre ne gronde plus, il fait un peu meilleur, les nuages de pluie assombrissent encore le ciel. J’ai hâte d’être demain.

4/9/2014 – Taj Mahal vraiment très apaisant

J’avais loupé sa visite en 2013 et je n’avais pu le voir que du jardin sur la rive opposée du fleuve, car le vendredi ce monument est fermé pour cause de prière. Je suis donc revenu à Agra pour le voir sous,toutes des faces et de près. J’avoue que c’est un très beau monument, plein de légèreté et de douceur. Le site est également très beau avec les bassins permettant de voir la réflexion dans l’eau, les jardins autour, les bancs pour se poser et passer un peu de temps à attendre.

5/9/2014 – Mathura et Vrindavan, virée au pays de Krishna

J’écris cette partie du voyage avec une petite semaine de recul, car sur le moment le temps a été fort bien rempli. Mon ami du Kerala est bien arrivé à Agra et a fait sa visite du Taj Mahal et du fort rouge puis nous sommes partis en taxi visiter les villes et temples de Mathura et Vrindavan, hauts lieux du culte de Krishna. Le chauffeur nous a d’abord emmenés sur les bords de la rivière Yamuna à Mathura, un endroit ou des gurus ont monté un temple qui est une belle arnaque. Présentés comme le lieu de naissance de Krishna, ils proposent moyennant grosse finance de poser une plaque au nom du donateur. Le temple, le sol, les murs, le chemin qui mène au temple sont couverts de ces plaques commémoratives. Au final, ce lieu n’a rien d’historique, le vrai temple se trouve proche de la gare en centre-ville et est un très gros complexe sous très haute surveillance. En effet le lieu même de la naissance de Krishna se trouve à quelques mètres du mur de l’arrière d’une mosquée. Tout doit donc être laissé à la consigne et les fouilles sont strictes. Ce temple est un temple hindou, mais la déité, Krishna, est représentée presque comme dans les temples Iskon (hare Krishna). Pour être plus précis, la déité est comme une statue de porcelaine, bijoutée, maquillée et habillée de vêtements et placée dans un sanctuaire qui ressemble plus à une scène que l’on regarde à distance, on n’y pénètre pas et on ne peut pas toucher la déité.

Mathura devait être le lieu ou j’allais pouvoir visiter le centre de lutte Khusti, mais à cause du temps passé le long du fleuve et le félin que nous n’allions pas trouver, nous a poussés à avancer.

Vrindavan est à quelques kilomètres, c’est une petite ville remplie de centres de recueillement et d’étude spirituelle, des ashrams, ou les personnes portant la couleur orange (couleur de la spiritualité et du détachement) foisonnent. La raison de la visite ici est que le centre Iskon a ici une grande importance à cause de sa proximité de Mathura. J’avais déjà eu une expérience Iskon à Ujjain, ayant utilisé leur centre d’hébergement lors de ma visite de cette ville en 2013. Le temple de Vrindavan est blanc et très sculpté, à l’étage du bâtiment se trouve un parcours ou 108 lotus colorés sont incrustés ou collés sur le marbre. À chaque lotus la prière, le mantra, hare Krishna hare Krishna Krishna Krishna hare hare hare rama hare rama ram ram hare hare, doit être chanté. C’est long, répétitif et un peu assommant. Une fois cette étape passée, nous avons accédé à la salle principale ou les adeptes jouent du tambour et chantent leur mantra à tue-tête en attendant la présentation des déités qui se fait le matin et le soir. Notre timing fut impeccable et à peine 10 minutes après notre arrivée, les portes des trois sanctuaires se sont ouvert avant que les rideaux ne soient tirés et les déités dévoilées au public en extase. Le décorum était éblouissant, les fleurs fraiches formaient un écrin de couleur, de textures et de fraicheur dans chaque sanctuaire. Je n’ai toujours pas bien compris pourquoi il y’en a trois. Pour comprendre, il va falloir se concentrer, car il y’a plusieurs façons de représenter Krishna, plusieurs compagnons …. J’ai lu et j’ai du mal à comprendre. Mon ami Vibhu est enchanté, il a vu le Taj Mahal, a été impressionné par le fort, est content d’avoir visiter le lieu de naissance de Krishna et a visité un temple Iskon et vécu le cérémonial ‘bahkti’ pour la première fois, il me confirme que c’est un peu bizarre et pas très hindou comme pratique.

Regarder la vidéo sur youtube – http://youtu.be/e09E6lZbE9o

La journée se termine, demain nous serons dans le train pour rejoindre Haridwar.

 6/9/2014 – le train, Haridwar, le Gange

Le voyage en train d’Agra à Haridwar fut long, j’ai dormi une bonne partie de la journée en attendant que le temps passe, que le train avance et que nous arrivions enfin à destination. Ce qui fut le plus intéressant à observer fut la réaction de Vibhu face au Gange. Ce fleuve est une déesse pour les hindous, mais pour lui sa relative propreté et les histoires qui content que des corps y flottent ne le rassurent pas. Le débit, la largeur et la puissance du fleuve l’impressionnent, mais il sait qu’il doit s’y baigner et se purifier. Le soir venu nous allons voir la cérémonie de l’Aarti, qui est un rituel quotidien de prière au fleuve. Les cloches, les chants, le feu font partie du rituel qui dure une bonne dizaine de minutes. De petites coupes de fleurs illuminées par une petite bougie au camphre sont proposées aux pèlerins pour les déposer dans les flots du Gange. Haridwar est principalement l’endroit où les hindous rendent hommage aux morts et viennent y jeter cendres et ossements suite à la crémation du corps, et de nombreux brahmines officient des cérémonies individuelles.

Le lendemain, la pluie est battante et nous empêche de sortir, mais en début d’après midi le ciel se dégage et nous partons visiter le temple principal qui se trouve sur la colline qui domine la ville. On peut y grimper par la route ou prendre des télécabines. Vibhu n’ayant jamais ‘volé’ dans les airs, nous optons pour la télécabine. Nous attendrons près de deux heures pour finalement nous envoler, il est super content. Le temple est une suite d’autels en enfilade ou les brahmines récupèrent les dons et les offrandes de façon un peu abusive, après tout c’est un commerce.

Nous déambulons ensuite le long de Gange et rencontrons des babas divers, l’un d’eux est assez sombre et porte sous sa cape un crâne humain, un peu plus loin, nous retrouvons un groupe plus lumineux et souriant qui nous accueille à bras ouverts et commence une démonstration de yoga. Nous continuons notre parcours avant de retourner diner à l’hôtel, demain nous serons a Rishikesh.

Des vidéos de Haridvar sont en ligne sur youtube

8/9/2014 – Faire découvrir Rishikesh un Indien

Nous sommes arrivés à Rishikesh en tuk tuk dans la matinée, c’est une petite ville au bord du Gange ou s’est développé le tourisme hindouiste, mais également le tourisme du Yoga, de nombreux babas et swami s’y sont installés, ont ouvert des ashrams et les beagles y ont séjourné et pratiqué yoga et méditation. La ville est sans grand intérêt, mais les bords du Gange sont très beaux, le fleuve avance en lacets et les bords sont tantôt des plages de sable, des rochers ou des Ghats aménagés pour les bains et prières. C’est un endroit paisible et bucolique et pour beaucoup de personnes, un endroit plein d’énergie. Celle du Gange, des montagnes et des forets qui l’entoure, tous comme celle des esprits qui seraient ici très présents a en croire certains locaux. Bien sûr tout cela est subjectif, mais on s’y sent bien et c’est indéniablement beau. Au niveau religieux, les temples sont partout, les pèlerins hindous arrivent et repartent en troupeaux, en famille ou en petits groupes d’amis. Moi j’ai amené Vibhu, mon petit frère indien, nous passerons le dimanche ensemble à nous baigner et a nous promener, il passera le lundi seul à continuer a découvrir le lieu, a s’y perdre, a y prier, a faire des rencontres et à decider qu’il y reviendrait bientôt. Pour Vibhu, le moment est venu de reprendre le train, près de 50 heures de voyage l’attendent pour qu’il retrouve sa famille et ses amis. Il a fait le plein de souvenirs, dans sa tête, mais aussi des babioles qu’il offrira. Il a également pris un litre d’eau du Gange qu’il distribuera à sa famille et à ses voisins. Je suis très content pour lui et content d’avoir pu lui offrir ce voyage et d’avoir pu lui faire autant plaisir. Il m’apprend beaucoup sur la culture indienne, sur la spiritualité et l’ascétisme, car il semble être attiré par cette voie. La vie de famille ne l’attire pas, même s’il est très attiré par les filles. Il discute aisément des paradoxes de sa vie et des questionnements qu’il a, mais il a une envie d’être pur et d’aller à la rencontre de l’autre et surtout de soi. Il m’a aussi posé beaucoup de questions depuis que nous nous connaissons, nous parlons beaucoup. Peut être deviendra-t-il swami un jour, ou qu’il trouvera une femme à aimer et épouser, en attendant il est plein de rêves, d’amour et d’espoir, et ici à Rishikesh, il est tombé en amour pour le Gange.

Langue / Language : frFrançais enEnglish

By | 2016-12-11T23:38:27+00:00 décembre 6th, 2016|Voyage|0 Comments

About the Author:

Leave A Comment

*